Actualité marché

Lyxor Cross Asset Research Q4 2019: RÉDUIRE LE RISQUE EN FIN D’ANNÉE

Dynamique conflictuelle entre situation macroéconomique et liquidité  

Les marchés flirtent à nouveau avec des plus hauts historiques. L'escalade de la guerre commerciale continue de peser sur l'humeur des marchés, tandis que le repli des taux soutient les valorisations des actifs risqués. Les indicateurs macroéconomiques témoignent d'un ralentissement de la croissance sur fond d'entrée en récession du secteur manufacturier et de recul du secteur tertiaire. Le fléchissement du secteur manufacturier pourrait s'accentuer à court terme, car la croissance n'atteindra son point le plus bas que début 2020. Les prévisions de bénéfices des entreprises devraient être revues à la baisse dès lors que la croissance s'essouffle et que les tarifs douaniers affectent les marges. 

En l'absence de récession imminente, la Réserve fédérale américaine (« Fed ») pourrait se montrer réticente à l'idée d'abaisser ses taux dans la mesure anticipée par les marchés. Dans le même temps, la Banque centrale européenne (« BCE ») entend céder la main aux responsables de la politique budgétaire, compte tenu de l'atonie de la demande. Dans le reste du monde, l'économie chinoise continue de se détériorer, ce qui pourrait se traduire par des mesures d'assouplissement supplémentaires visant à soutenir la consommation et l'investissement. Au Royaume-Uni, l'issue du Brexit demeure incertaine, le premier ministre Boris Johnson menaçant d'employer la manière forte en imposant un divorce sans accord le 31 octobre. Parallèlement, l'accroissement des tensions au Moyen-Orient et l'envolée des prix du pétrole constituent de nouvelles entraves pour la croissance mondiale. Nos recommandations de placement se fondent sur un ralentissement de l'économie mondiale à court terme, suivi d'une stabilisation (et non une récession) aux États-Unis et en Europe.

 

Sous-pondération des actions mondiales  

L'actualité politique et macroéconomique demeure globalement défavorable, malgré le soutien apporté par l'assouplissement des banques centrales, le niveau modéré de l'inflation et la vigueur de la consommation. Nous continuons de privilégier les actions américaines dès lors que l'environnement macroéconomique s'améliore et qu'une part de plus en plus importante des bénéfices est générée sur le marché intérieur. Nous avons ramené les actions de la zone euro à une sous-pondération, au même niveau que celles des marchés émergents et du Japon, dans la mesure où l'escalade de la guerre commerciale, le repli du secteur manufacturier et le ralentissement de la croissance devraient peser sur la performance globale des actions.

 

Maintien des actions internationales à un niveau neutre  

Les actions ont été portées par d’abondantes liquidités depuis le début de l'année. Cette tendance devrait se poursuivre à court terme. Néanmoins, nous conservons un positionnement défensif au niveau géographique et sectoriel. Nous faisons preuve de prudence envers les actions japonaises et des marchés émergents, car la guerre commerciale impacte tout particulièrement ces marchés. De plus, nous privilégions les actions de qualité à dividende élevé qui offrent des alternatives attrayantes aux investisseurs à la recherche de rendement.

 

Privilégier le crédit

Le contexte général demeure particulièrement favorable au crédit en raison de l'assouplissement de la politique monétaire, de la faiblesse des taux de défaut et de la poursuite de la quête de rendements. Les obligations à haut rendement devraient conserver tout leur attrait grâce à un portage intéressant et une duration plus courte. Contre toute attente, les obligations surperforment cette année, mais les rendements à long terme se rapprochent d'un plancher et pourraient facilement repartir à la hausse sous l'effet de la réévaluation des taux par la Fed et des mesures de relance déployées dans la zone euro. Les obligations émergentes pourraient bénéficier de cet environnement, dès lors que les banques centrales emboîtent volontiers le pas de la Fed et que les rendements continueront d'attirer les investisseurs.

 

L'or en tant que valeur refuge  

L'intérêt pour l'or a grimpé en flèche dans la mesure où un tiers des emprunts d'État mondiaux affichent des rendements négatifs. Le métal jaune constitue à nos yeux une couverture intéressante face aux incertitudes persistantes et à la diversification des réserves de change des banques centrales au détriment de l'USD.

 

L'humeur des marchés reste très sensible à l'actualité
Nous préférons réduire les risques au sein de nos portefeuilles. Le cycle économique se trouve à un stade avancé et touche progressivement à sa fin. Les risques politiques restent d'actualité, au premier rang desquels l'issue toujours floue du Brexit, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et la guerre commerciale. Par ailleurs, toute révision à la baisse des prévisions de bénéfices (une hypothèse probable) pourrait donner lieu à une dévaluation compte tenu du niveau déjà tendu des valorisations.

 

 

Stratégies alternatives
Les conditions actuelles sont selon nous toujours propices aux stratégies de portage (L/S Credit, Global Macro axé sur les marchés émergents, etc.). D'un point de vue général, nous préférons les stratégies L/S Credit et Event-Driven à leurs homologues L/S Equity et Global Macro/CTA. Parmi les changements opérés récemment, nous avons fait passer les stratégies Macro d'une sous-pondération à un positionnement neutre, dès lors qu'elles confèrent une protection en cas de renversement de tendance sur le marché obligataire.

 


Nous maintenons la surpondération de la stratégie Merger Arbitrage, qui bénéficie d'une faible corrélation aux actions et de rendements peu volatils. Ces deux avantages contrebalancent le ralentissement des volumes de fusions-acquisitions aux États-Unis et l'étroitesse des spreads de transactions. Nous continuons également de surpondérer les stratégies L/S Credit afin d'exploiter les risques haussiers liés à la légère amélioration de l'activité économique, tout en réduisant la volatilité au sein des portefeuilles par rapport aux stratégies L/S Equity. Enfin, nous sous-pondérons les stratégies Directional L/S Equity, même si elles ont récemment adopté un positionnement défensif. Elles pourraient en effet souffrir du regain d'aversion pour le risque que nous anticipons dans les prochains mois. Nous privilégions les stratégies défensives à faible volatilité à leurs homologues cycliques/de rendement, ce qui explique par exemple notre surpondération de la stratégie Market Neutral L/S.