Weekly brief

Contre une correction du marché obligataire: quelle stratégie alternative ?

Tout comme 2019 a fini par contrarier les attentes baissières qui prévalaient il y a un an, 2020 devrait défier les anticipations des investisseurs. L’appétit pour le risque reste solide pour l’instant et ne sera vraisemblablement pas compromis par une recrudescence des tensions géopolitiques. En revanche, des failles sont apparues sur le marché obligataire, où l’indice Barclays Global Aggregate a reculé pour le quatrième mois consécutif en décembre. Parmi les scénarios 2020 qui ne semblent pas être anticipés par le marché figure celui d’une normalisation brutale des rendements obligataires, qui serait préjudiciable aux marchés actions. Cet aspect mérite d’être surveillé, car l’expansion des multiples actions l’an passé paraît intenable en cas d’accélération de la hausse des rendements obligataires, d’autant que l’estimation de croissance des BPA du consensus (+10% environ aux États-Unis, dans l’UEM et au Japon) semble trop optimiste.

 

Notre positionnement à l’égard du marché obligataire est défensif (sous-pondération des Bunds à 10 ans et duration courte aux États-Unis), mais la vitesse de l’ajustement a toute son importance. D’après les dernières enquêtes de conjoncture, l’activité manufacturière continue de tourner au ralenti. Dans ce contexte, notre scénario principal pour le premier trimestre 2020 est celui d’un redressement modeste des rendements obligataires pouvant être absorbé par les marchés actions. Notre scénario le plus défavorable ressemble au deuxième trimestre 2015, où les publications de données macroéconomiques avaient brutalement dépassé les attentes dans l’UEM et causé une forte hausse des rendements obligataires, suivie d’un repli prononcé des actions de la région.

 

Dans l’univers des hedge funds, les stratégies Global Macro et Merger Arbitrage semblent les plus intéressantes pour se prémunir contre un tel scénario catastrophe. Au deuxième trimestre 2015, ces stratégies avaient surperformé, tandis que leurs homologues CTA avaient subi un sérieux revers. Certains facteurs pourraient néanmoins conduire à d’autres issues pour les stratégies CTA aujourd'hui, car celles-ci ont déjà réduit l’effet de levier de leurs portefeuilles obligataires. Pour autant, les stratégies Global Macro seront probablement avantagées. Après avoir surperformé en décembre et au quatrième trimestre, à la faveur de leur positionnement court sur la duration et du rebond des actifs émergents, les stratégies Global Macro ont clôturé l’année en hausse de +7,4% selon nos estimations. Nous prévoyons de maintenir une exposition neutre à ces stratégies, avec une préférence (surpondération) pour celles qui sont axées sur les marchés émergents.

Fonds Associés

Nom
Lyxor / Bridgewater Core Global Macro Fund