Weekly brief

LES HEDGE FUNDS TECHNOLOGIQUES CRÉENT-ILS DE LA VALEUR ?

Il ne fait aucun doute que le secteur technologique est suffisamment vaste pour que les stratégies indépendantes puissent y trouver leur place. Le segment regroupe un large éventail d'activités : composants et puces électroniques, ordinateurs et logiciels, dispositifs électroniques et smartphones, Internet, Internet des objets (qui connecte les réseaux de dispositifs et le cloud), etc. Il inclut également des sociétés qui mettent l’accent sur les véhicules autonomes, l'intelligence artificielle (qui utilise les ordinateurs pour imiter les compétences d'apprentissage, de raisonnement et d'autocorrection des êtres humains), la blockchain (qui permet la désintermédiation des transactions), la cybersécurité ou encore les médias de streaming. L'univers comprend environ 5.000 sociétés du monde entier, dont 300 grandes / très grandes capitalisations et 2.000 moyennes capitalisations bénéficiant d'une couverture moins étendue.

 

Compte tenu de l’arrivée à maturité du cycle économique et des sommets historiques atteints par les valorisations des sociétés technologiques (exception faite de la bulle Internet de 1998-2000), une plus grande sélectivité et un meilleur calibrage des expositions au secteur technologique s'imposent. Les investisseurs font appel à des spécialistes pour naviguer à travers les complexités des produits technologiques et, surtout, pour évaluer la qualité et la durabilité des modèles commerciaux des sociétés technologiques.

 

Dès lors, l'argument plaidant en faveur de la génération d'alpha semble solide. La variété d'investisseurs exposés au secteur technologique donne de la profondeur au marché. Qui plus est, les sociétés technologiques se situent à différentes étapes des cycles de produits : celles qui se trouvent aux premiers stades du développement enregistrent des revenus élevés et une forte croissance des dépenses d'investissement, mais une faible rentabilité, alors que les plus matures s'efforcent de rester à la pointe de l'innovation et génèrent des bénéfices inférieurs mais plus stables ainsi qu'un meilleur portage. Compte tenu de la présence croissante de la technologie dans la plupart des secteurs de l'économie, les moteurs de la demande finale se multiplient. Plus important encore, les multiples catalyseurs peuvent aider les gérants à créer de la valeur. Les activités de fusion-acquisition ainsi que les introductions en Bourse dans le secteur technologique représentent la plus grande partie des volumes totaux (plus de 100 milliards USD / un quart des acquisitions, soit environ 25% du volume mondial). Si elles connaissent souvent des inflexions stratégiques, les sociétés technologiques éveillent l’intérêt des investisseurs activistes et des adeptes du capital-investissement dès lors qu’elles fournissent des catalyseurs supplémentaires.

 

Il n'en demeure pas moins que le secteur est confronté à des défis croissants en termes d'alpha. Au cœur des dynamiques de pouvoir des pays, le secteur ressent de plus en plus l'influence des événements macroéconomiques, notamment les politiques budgétaires, (géo)politiques et réglementaires. En tant que moteur majeur des rendements des grands indices, il est en outre de plus en plus vulnérable à l'humeur de l'ensemble du marché. Les actions « growth » attirent régulièrement les investisseurs « momentum » et quantitatifs, qui peuvent accentuer les tendances dans les deux sens.

 

Selon nous, les hedge funds axés sur la technologie permettent de créer de l'alpha. En moyenne, 40% des gérants ont démontré leur capacité à ajuster de manière active leurs expositions nettes. La guerre technologique entre les États-Unis et la Chine a jeté le doute sur les activités et les opérations des sociétés technologiques. Cela étant, les gérants ont brillamment surmonté cet épisode, même s'ils ont généré un alpha plus modeste. De fait, les périodes d'alpha négatif coïncident avec les rallyes technologiques, mieux exploités par les produits passifs.

 

Les conditions d'alpha demeurent solides. La corrélation entre les secteurs et les valeurs technologiques se situe à des points bas, révélant une variété de moteurs. De plus, les valeurs technologiques évoluent de manière globalement conforme à leurs fondamentaux, comme en témoigne la part de leur rendement générée par les événements spécifiques aux sociétés (par opposition aux grands mouvements de marché). Par ailleurs, la différentiation est élevée parmi notre groupe de référence de gérants technologiques. La faible corrélation de leurs rendements suggère un ensemble d'opportunités et un positionnement très différents.
En conclusion, les stratégies technologiques actives semblent, en complément des produits passifs, de plus en plus intéressantes.