Weekly brief

COMMENT LES STRATÉGIES D’ACTIONS TECHNOLOGIQUES ONT-ELLES VÉCU LA CORRECTION ?

Les valeurs technologiques ont à nouveau focalisé l'attention, mais dans le sens négatif cette fois. Une soudaine correction des actions a débuté jeudi dernier aux États-Unis, sous l’impulsion des titres du secteur technologique. Jusqu'à présent, ce repli est demeuré ordonné, avec des volumes de négociation à peine supérieurs à la moyenne. Les tendances intrajournalières laissent également supposer que les investisseurs n’ont pas cessé de rechercher des niveaux planchers propices à l’achat sur décote. À noter que l’activité des algorithmes (qui peut donner lieu à des cercles vicieux vendeurs) n’est pas particulièrement soutenue pour l’instant. De premiers signes indiquent que cette correction est principalement due aux fonds communs de placement (qui avaient été les principaux acheteurs dans la dernière phase du rebond du marché), mais aussi à un vaste repositionnement baissier au niveau des options. Parallèlement, la rotation au détriment des actifs risqués et au profit des valeurs défensives s’est révélée assez modeste, comme en attestent les hausses réduites des devises refuges, des obligations et de l’or. Par ailleurs, ce mouvement a peu touché le reste du monde (où les valeurs technologiques sont moins représentées). Pour finir, la correction s’est opérée de manière différenciée entre les sous-secteurs, parmi lesquels les moins performants ont été les smartphones et les valeurs liées au cloud et à Internet.

 

Les modèles tactiques des actions technologiques demeurent fragilisés même après cette correction (les positionnements des investisseurs sont certes plus sains, mais les valorisations sont toujours tendues). Toutefois, jusqu'à maintenant, il semble que ce mouvement ait été principalement dicté par des prises de bénéfices à la suite d’une progression ininterrompue.

 

Depuis jeudi, le groupe de pairs des fonds d’actions technologiques établi par Lyxor a cédé -5,8%, soit un peu moins que les grands indices du secteur, qui ont abandonné près de -7%. Cette résistance du groupe de pairs s'explique par la prudence générale des gérants vis-à-vis des actions technologiques, avec un bêta moyen par rapport aux indices du secteur de l’ordre de 0,6, soit bien moins que le niveau moyen à long terme. De plus, les gérants ont privilégié des positions en valeur relative, bénéficiant notamment de leur sous-pondération des valeurs liées aux périphériques et au matériel technologique, qui ont été les plus pénalisées. Leur surpondération des services de communication a également porté ses fruits. Leurs pertes ont essentiellement résulté des positions sur les valeurs d’Internet et des logiciels.

 

Remis en perspective, l’environnement d’alpha des stratégies d’actions technologiques s’est amélioré ces derniers mois. Avec la normalisation des conditions de marché, les corrélations entre les titres technologiques ont diminué, mais la dispersion des prix est demeurée élevée, ce qui souligne à la fois l’existence d’une plus grande différentiation dans l’univers du secteur et la variété croissante des moteurs de rendement. Les actions technologiques les plus performantes ont été celles du cloud, des services liés au télétravail, du divertissement à domicile, de la cybersécurité, du big data et d’autres tendances durables (comme la 5G et l’Internet des objets). D’autres segments, en revanche, ont été affaiblis par le Covid et la baisse des dépenses des ménages et des entreprises.

Ce contexte favorable pour la sélection des titres se reflète également dans une plus grande différentiation entre les rendements des gérants d’actions technologiques de notre groupe de pairs. La faible corrélation de leurs rendements suggère aussi l’existence de divergences entre les positionnements et les ensembles d'opportunités.

 

Les actions technologiques auront peut-être besoin de temps pour se remettre de cette correction. D’autre part, il se pourrait que leur dynamique se dégrade à l’approche des élections américaines (avec les risques d’augmentation des impôts et de règles anti-monopole). Une moindre directionnalité pourrait donc fournir des conditions plus propices à la sélection des titres dans le secteur technologique.