Weekly brief

Les stratégies Merger Arbitrage surfent sur la vague des fusions-acquisitions

Les annonces de nouvelles fusions-acquisitions se sont multipliées ces dernières semaines, dans un contexte marqué par la dissipation des incertitudes politiques à la suite de l'accord sur le Brexit et des élections américaines. Celles-ci augmentent en effet la visibilité de l'environnement réglementaire, avec des répercussions internationales susceptibles de continuer à dynamiser l'activité des fusions-acquisitions au cours des prochains mois. Mais d'autres facteurs laissent également présager la poursuite de cette frénésie de rachats.

 

La pandémie pose des défis immenses aux entreprises contraintes de restaurer leurs marges bénéficiaires dans les secteurs cycliques et ceux des services, notamment la grande distribution, l'énergie, la finance, les voyages et loisirs, ou encore l'immobilier. La crise a par ailleurs accéléré des ruptures technologiques à l'œuvre, ainsi que leurs conséquences dans les secteurs des technologies de l'information, de la santé et de la communication. Ces phénomènes, conjugués à des mesures de relance sans précédent visant à atténuer le choc économique, et assurant de facto des conditions financières expansionnistes, créent un terreau fertile pour les fusions-acquisitions. À cet égard, les SPAC (Special Purpose Acquisition Companies) constituent un outil décisif pour orienter le capital vers des opérations de rachat. Selon Dealogic, plus de 80 milliards USD de liquidités ont été levées par des SPAC en 2020 et devront être déployées au cours des deux prochaines années. Ces instruments bénéficient d'une performance soutenue : sur les six derniers mois, l'IPOX SPAC, un indicateur répliquant l'univers global des SPAC s'est adjugé pas moins de 65%.

 

Ces conditions créent un terrain d'opportunités fertile pour les stratégies Merger Arbitrage, tout en gardant une faible directionnalité par rapport aux actifs risqués. D'après nos estimations, ces stratégies ont enregistré une performance en hausse de 5% au cours des trois derniers mois, associée à une corrélation avec l'indice MSCI World inférieure à 35%. Ces chiffres laissent supposer que ces stratégies se montreront résilientes dans l'hypothèse où le niveau élevé des valorisations des actions causerait des inversions de tendances sur le marché. Les rachats hostiles, qui s'accompagnent souvent de batailles d'offres et de spreads plus importants, font actuellement rage en Europe (G4S vs Allied Universal, Codemasters Group vs Electronic Arts et Entra vs. 3 acquéreurs potentiels). Aux États-Unis, le contexte est plus amical, mais les spreads des transactions se sont également creusés aux alentours de 6,5% mi-janvier, selon UBS. Notre point de vue sur les stratégies Merger Arbitrage est positif. En novembre dernier, nous avions ramené cet avis à neutre, afin de privilégier des approches plus directionnelles capables de capter le rebond du marché. Pourtant, nous sommes à présent inquiets du niveau des valorisations et devenons plus favorables à des stratégies défensives, telles que Merger Arbitrage, capables d'apporter à la fois de la performance et de la diversification.