Weekly brief

Les stratégies Global Macro jouent la sécurité contre l'inflation américaine

Depuis le repli de fin janvier, les actifs risqués se sont vite redressés, à la faveur d'une actualité encourageante sur différents fronts. Les résultats des entreprises et les statistiques économiques demeurent supérieurs aux attentes des deux côtés de l'Atlantique, et les derniers rapports d'essais cliniques de vaccins contre le Covid-19 laissent espérer une accélération des campagnes de vaccination au deuxième trimestre. Parallèlement, la politique monétaire reste très accommodante, et devrait le rester dans les prochains trimestres si l'on en juge par la communication des banques centrales. Enfin, le nouveau gouvernement américain œuvre au déploiement d'un nouveau plan de relance budgétaire dont l'enveloppe pourrait dépasser 1.000 milliards USD. Dans ce contexte, les anticipations d'inflation à long terme ont rebondi et les actifs cycliques, comme les actions, les actifs émergents, les matières premières et les points morts d'inflation, ont enregistré des performances solides, appelées à se poursuivre.

Dans l'univers de la gestion alternative, les stratégies Global Macro se sont emparées de ce type de positions au trimestre dernier, renforçant à des degrés divers leurs investissements en devises émergentes, actions, matières premières et obligations indexées sur l'inflation. D'après nos estimations, les stratégies Systematic Macro ont sensiblement renforcé leurs positions sur les TIPS (bons du Trésor indexés sur l'inflation américaine), tout en conservant une légère exposition résiduelle à la duration des Bunds allemands. Les positions longues sur les devises émergentes et l'or sont également nettement supérieures aux niveaux de ces dernières années. Les positions des stratégies Discretionary Macro anticipent une pentification de la courbe des taux américaine (certaines ont même adopté un positionnement résolument court sur les bons du Trésor). Elles anticipent par ailleurs un accroissement de la volatilité implicite des obligations, auquel elles s'exposent par le biais de swaptions.

Les investisseurs vont maintenant devoir se livrer à un véritable numéro d'équilibriste, face à des valorisations d'actions élevées et des marchés en pleine effervescence. Toutefois, la dynamique positive des bénéfices va tirer les multiples à la baisse. Nous surpondérons les stratégies Global Macro, en raison de leur aptitude à générer des rendements et assurer la gestion des risques à ce stade du cycle économique. Ces stratégies ont en effet déjà fait leurs preuves en se montrant capables de capter les primes de risque des différentes classes d'actifs et zones géographiques selon les conditions de marché. Leurs portefeuilles diversifiés et leur approche fondée sur la valeur relative devraient les aider à lisser les pics réguliers de volatilité dus à la persistance des inquiétudes entourant la normalisation de la politique monétaire et la viabilité des valorisations des actions.